Niespodziewane schronienie

Sa maison sentait la cannelle et les vieux livres. Rien d’inutile, mais tout était à sa place. Elle m’a préparé un chocolat chaud, les mains légèrement tremblantes, et m’a proposé un sandwich en s’excusant presque. Je ne savais pas encore que je venais de découvrir un endroit sûr.
Je suis revenue le lendemain. Puis encore. Claire ne posait jamais de questions. Elle écoutait, ou elle se taisait avec moi, ce qui était encore plus précieux. Parfois, nous lisions côte à côte. Parfois, nous parlions de tout et de rien. Elle se souvenait de mes détails, de mes silences.
Un jour, alors que je lui avouais manger souvent seule, elle posa sa main sur la mienne et dit simplement :
« Être seul ne veut pas dire qu’on n’est pas digne d’être aimé. »
Une disparition sans explication

Puis, un mardi, tout s’est arrêté. La lumière du porche était éteinte. Les rideaux avaient disparu. La maison était vide, comme effacée. Une voisine parla d’un départ précipité. Il n’y eut ni mot, ni adieu.
À onze ans, je n’avais pas les mots pour cette perte. J’en ai tiré une conclusion simple et douloureuse : même les personnes les plus bienveillantes finissent par partir. J’ai grandi avec cette idée, appris à garder mes distances, à ne pas trop m’attacher.